Accueil

Archives 2012-2017
Ministère de la Transition écologique et solidaire

Intervention de Madame Ségolène Royal aux assises nationales des risques naturels le 22 mars à Marseille

"Je suis très heureuse d’être parmi vous pour ouvrir ces troisièmes assises nationales des risques naturels à Marseille. Nous sommes dans une région particulièrement concernée par des risques naturels, inondations, feux de forêt, risque sismique, tsunami…et je sais combien les élus, les acteurs économiques et les populations de ectte région sont sensibilisés sur ces sujets."

"Je pense important d’évoquer devant vous quatre grands sujets :

  • le lien avec le changement climatique et l’importance de la prévention des risques comme solutions d’adaptation ;
  • les grandes lignes de la politique de prévention des risques conduite par mon ministère ;
  • un zoom sur les actions que je vais lancer avec le ministre de l’intérieur en matière d’information préventive et de culture du risque pour les populations
  • la nécessaire réduction de la vulnérabilité de nos territoires, avec une démarche très concrète, le grand prix d’aménagement « mieux bâtir en terrains constructibles inondables » dont nous aurons le plaisir ensuite d’honorer les lauréats.

1- Le changement climatique et la prévention des risques :

  • Vous le savez, la France a accueilli avec succès la COP 21 en fin d’année dernière. C’est à la fois une grande satisfaction avec l’adoption de l’accord de Paris sur le changement climatique et une grande responsabilité que de le mettre en œuvre. Je préside la COP 21 jusqu’en fin 2016 et je vais œuvrer pour agir à la fois sur les mesures d’atténuation et sur les mesures d’adaptation.
  • En mars 2015, l’UNISDR a organisé à Sendaî au Japon la troisième conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe. Le cadre d’actions de Sendaî y a été adopté et la France a proposé à cette occasion le développement au profit des petits états insulaires et des pays les moins avancés de systèmes d’alerte rapide des populations face aux événements météorologiques (CREWS).
  • Robert GLASSER, représentant spécial du secrétaire général des nations unis pour la réduction des risques de catastrophes, nous fait le grand honneur d’être avec nous aujourd’hui à l’occasion de ces assises. Je veux le remercier et l’assurer de la pleine mobilisation de toutes les parties prenantes en France pour s’impliquer et agir en faveur de la prévention des risques. L’objet même de ces assises est de rechercher ensemble des solutions pour développer encore la prévention des risques, et par là des réponses opérationnelles au changement climatique.
  • Au niveau européen, j’ai présidé à Paris en octobre dernier le forum européen pour la réduction des risques de catastrophe, qui a en charge la délinaison sur notre continent du cadre d’actions adopté à Sendai. Ce forum a été l’occasion d’élaborer une feuille de route partagée entre tous les pays européens pour mettre en œuvre le cadre d’actions de Sendai. Cette feuille de route doit être approuvée en Finlande en fin d’année et je vous confirme que la France y prend toute sa part et la mettra en œuvre avec détermination.

2- Les grandes lignes de la politique de prévention des risques en France :

  • Les risques naturels sont multiples : inondations, séismes, mouvements de terrains, feux de forêt, avalanches, volcans, tempêtes…et concernent une très grande majorité de nos territoires. Par exemple, le risque inondation qui est le plus présent concerne une commune sur deux. Le risque naturel le plus dangereux est le risque sismique : il est très fort aux Antilles mais concerne aussi aussi la métropole dans certaines régions dont Provence Alpes Cote d’Azur.
  • Il est important de refléchir ensemble, élus, associations, entreprises, populations, administrations, sur la politique de prévention des risques que nous voulons.
  • Dans ce sens, j’ai renouvelé en octobre dernier le Conseil d’orientation pour la prevention des risques naturels majeurs qui s’est réuni le 28 janvier dernier sous la présidence de M. Christian Kert, Président de l’Association française pour la prévention des catstrophes naturelles, et aussi député des Bouches du Rhône. Je le salue et le remercie pour son engagement en ce domaine de longue date. Le rôle de ce conseil est de partager les connaissances, de proposer des solutions, de donner des avis sur les mesures envisagées dans le domaine de la prévention des risques naturels.
  • Grâce à ce conseil et à l’action de la Commission mixte inondation, nous avons pu définir avec la stratégie nationale de gestion du risque inondation que j’ai approuvée en juillet 2014, un cadre général qui se décline en plans de gestion par grands bassins hydrographiques, et aujourd’hui en stratégies locales et en programmes d’actions. Sécurité des populations, réduction des dommages et raccourcissement des délais de retour à la normale en sont les trois grands axes.
  • 127 programmes d’actions de prévention des inondations, les PAPI, ont été labellisés à ce jour par la commission mixte inondation, représentant plus de 1,5 milliards € dont plus de 550 M€ d’aide de l’Etat. Ce sont les collectivités qui portent ces PAPI sur leurs territoires et je veux ici leur rendre hommage pour leur volonté d’agir sur leurs territoires pour la prévention des inondations.
  • Un nouveau cahier des charges PAPI est en cours d’élaboration et sera applicable à partir du 1er janvier 2017. Il tire les enseignements des PAPI réalisés ou en cours, et apportera des améliorations qui permettront de retenir des projets encore mieux préparés.
  • Le risque sismique est majeur aux Antilles. Un séisme très important y ferait des dizaines de milliers de victimes et des milliars d’euros de dégats. C’est pourquoi l’Etat appuie les collectivités pour mettre aux normes parasismiques les établissements scolaires, les casernes de pompiers, les logements sociaux. L’Etat va continuer à accompagner les collectivités avec la 2ème phase du plan séisme Antilles 2016-2020. Une aide de l’Etat de plusieurs centaines de millions d’euros est ainsi prévue dans ce sens.
  • Mon ministère impulse sur les autres parties du territoire un cadre d’actions sismique, proportionné selon les enjeux. Ici en PACA, le risque sismique existe notamment autour de la métrpole de Nice. Une table ronde des assises est consacrée à ce risque sismique et je souhaite qu’elle apporte tout l’éclairage nécessaire.
  • Je veux aussi souligner l’importance d’avoir de bonnes prévisions tant météorologiques que pour les inondations. J’ai demandé à Météo-France d’améliorer encore ses capacités de prévision et d’être en mesure de remonter la couleur de la vigilance si l’observation des phénomènes le justifie. Par ailleurs mes services surveillent en permanence 22000 km de cours d’eau à travers le réseau vigicrues pour prévoir le risque inondation. J’ai demandé de compléter ce dispositif, notamment sur les Outre mers avec le développement de cellules de veille hydrologique et par un nouveau dispositif « d’avertissement crues soudaines » qui concernera d’ici à fin 2016, 3000 bassins versants très réactifs aux crues."

 Télécharger le discours dans son intégralité (PDF - 180 Ko)